06/02/2015

Palais des Nations - Diplomatie

Bruits de couloirs…et autres indiscrétions

 

Caricatures…

La dernière «Une» de Charlie Hebdo échauffe les esprits dans l’enceinte même du Plais des Nations. Le débat sur le blasphème et la diffamation des religions pourrait bien refaire son apparition. Mais l’indignation est souvent forcée du côté des politiques et des diplomates arabes qui voient déjà dans cette polémique un prétexte pour resserrer les rangs et flatter leurs opinions publiques. La posture affichée devant les médias est parfois à des années-lumière des confidences lâchées «off the record»: «Elle n’est pas si terrible cette dernière Une de Charlie Hebdo. Le pardon évoqué dans le titre, ça nous parle aussi à nous les musulmans». Du côté des diplomates européens, le courage n’est pas toujours au rendez-vous. Le débat qui est en train de s’ouvrir embarrasse

Une négociation qui en cache une autre…

Ces derniers jours, les regards se sont focalisés sur les négociations entre parties libyennes menées sous l’égide de l’ONU. Les communiqués optimistes n’ont trompé personnes. Les vraies discussions de paix sont loin d’avoir commencé. En revanche, un silence de plomb entoure les tractations engagées entre l’opposition syrienne et le gouvernement de Damas. Depuis plusieurs semaines, des représentants de l’opposition de l’intérieur et de l’opposition de l’extérieur font la navette à Genève. A la manœuvre, les diplomates Russes qui préparent la réunion sur la Syrie organisée à Moscou à la fin du mois de janvier.

Nucléaire iranien: l’erreur d’analyse de la CIA et des agences de renseignement occidentales…

Un article circule sous le manteau depuis quelques jours. Il n’est pas «sourcé» mais on devine qu’il est directement lié aux négociations en cours sur le nucléaire iranien. Cet article explique, notamment, que «la CIA et d'autres agences de renseignement occidentales ont commencé à s’éloigner de la réalité sur la question du nucléaire iranien au début des années 1990». La raison? L’erreur d’interprétation de la communauté du renseignement après l’interception d’un télex émanant de l'Université Sharif à Téhéran sur lequel figurait une demande concernant des recherches pour une technologie "à double usage". L’auteur inconnu de l’article, rédigé en anglais et diffusé sur plusieurs sites, explique que c’est à partir de là que se sont renforcés les soupçons sur «un programme clandestin d'armement nucléaire». Selon ce dernier, les agences de renseignement auraient dû approfondir leur analyse. Le terme "double usage" faisait référence, explique-t-il, à une simple distinction sémantique entre chercheurs et des étudiants. Cette première erreur d’analyse aurait ensuite ouvert la porte à une série de fausses interprétations. De toute évidence, l’article a été diffusé pour torpiller les rapports alarmistes de ces dernières années mis en avant par les Etats-Unis et Israël pour bloquer le programme nucléaire iranien. Cet argumentaire, exhumé alors que les négociations continuent de piétiner, relève de cette guerre de l’information que chaque camp se livre en marge du dossier. «Les gouvernements occidentaux, encouragés par une couverture de l’actualité faite par des médias dociles, ont choisi d'ignorer que les soit-disantes preuves considérables avaient des origines très douteuses». Enfin, autre argument avancé: «Le guide suprême l'ayatollah Ruhollah Khomeini avait interdit la possession et l'utilisation de toutes les armes de destruction massive», parce que considérées «comme contraire à l'islam».

L’Egypte fait la leçon à la Turquie

Les débats au Conseil des droits de l’homme réservent quelque fois des surprises. Certains diplomates ont bien failli éclater de rire quand ils ont entendu le représentant de l’Egypte prendre la parole lors de l’Examen périodique de la Turquie il y a quelques jours. Devant les représentants des autres pays, le diplomate a fait la leçon, expliquant aux représentants turcs qu’ils devaient veiller à respecter la liberté d’expression et d’opinion dans leur pays. Au même moment, le Haut.commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Zeid Ra'ad Al Hussein publiait un communiqué pour déplorer les violences exercées à l’encontre des manifestatants qui ont exprimé leur désaccord avec l’actuel pouvoir egyptien…

Nouvelle manœuvre pour contrôler le Haut-commissariat aux droits de l’homme

Plusieurs pays souhaitent que le Haut-commissariat des droits de l’homme soit contrôlé par le Conseil des droits de l’homme. Ce n’est pas nouveau. Mais cette fois-ci, ils vont prétexter la parution d’un rapport d’audit interne du Corps d’inspection pour essayer d’obtenir gain de cause. Derrière l’argument financier et structurel, la démarche est toujours la même: pouvoir contrôler les rapporteurs spéciaux dont l’autonomie demeure sujette à d’énormes pressions lorsqu’ils exercent leur mandat dans des pays ou sur des thématiques sensibles.

L’analyse de Georges Soros

Lors d’un dîner privé auquel il a participé en marge du Forum de Davos, George Soros a estimé que la crise ukrainienne était «un test de force» pour l’Occident. Selon ses estimations, il faudrait réinjecter 50 milliards de dollars dans l'économie ukrainienne en 2015 pour la remettre sur pieds. Une somme que l’Occident ne semble pas en mesure de déloquer. L’an passé, les Etats-Unis et l'UE n’ont débloqué que 8 milliards de dollars…